Partager l'article ! Tribune du Groupe dans le magazine Dijon Notre Ville de mai 2010: Le Maire vient de reculer sur l’important dossier du Crédit Municipal, enten ...
Le Maire vient de reculer sur l’important dossier du Crédit Municipal, entendant enfin nos arguments.
Asphyxiée par une situation très difficile, par une dette constituée à 38 % d’emprunts à risques et par les dérapages budgétaires de ses grands projets, la Mairie a un besoin urgent de liquidités et lorgne donc sur les fonds propres du Crédit Municipal.
Depuis plusieurs mois, la Mairie a échafaudé d’étranges projets concernant cette institution. Elle a d’abord voulu filialiser, ou plutôt privatiser, l’établissement en vendant une partie de ses activités. Elle a, par la suite, trouvé plus simple de « prélever » directement 30 millions € sur les fonds propres du Crédit. Un véritable « hold up » qui aurait condamné l’établissement et la totalité de son personnel.
Rappelons que la non-privatisation du Crédit municipal figurait dans les engagements électoraux de l’actuelle équipe municipale.
Pour rappel, le Crédit municipal est une institution dijonnaise ancienne, forte d’un personnel compétent et motivé, qui exerce une double mission bancaire et sociale. La mission sociale se concrétise au travers du prêt sur gages (« ma tante ») et du micro-crédit ; la mission bancaire s’adresse notamment aux familles les plus modestes, en leur permettant l’accès à des services bancaires et à l’accession à la propriété. Elle ne concurrence pas le secteur privé bancaire, mais le complète utilement.
Outil social en lui-même, il finance, de plus, la politique sociale de la ville. Il a ainsi, en 10 ans, reversé 40 millions € au CCAS.
Vieux de presque 200 ans, cet établissement a besoin d’être modernisé. Mais la Mairie a longtemps refusé toute décision en ce sens, malgré ses importants fonds propres qui lui permettent de le faire aisément. En conséquence, depuis 2001, les résultats financiers du Crédit Municipal ne cessent de se détériorer, obligeant son président, le Maire, à supprimer 25% du personnel.
Nous avons toujours pensé qu’il n’était pas judicieux de se séparer de cet instrument social, surtout en cette période de crise. Aussi, de manière constructive, nous avons proposé dans les enceintes compétentes (conseils municipaux, conseils d’orientation) des solutions fiables et sécurisantes pour assurer le devenir de cet établissement.
Notre groupe a donc alerté l’opinion publique, qui a exercé une pression telle, qu’à la veille du 2e tour des élections régionales, la Mairie a annoncé par voie de presse qu’elle renonçait finalement à ces différents projets, mal ficelés, dont les premières victimes auraient été les plus démunis.
Nous nous en réjouissons. Quoiqu’il en soit, nous restons vigilants sur l’indispensable modernisation du Crédit Municipal de Dijon qui conditionne son avenir et celui de son personnel.