Partager l'article ! Soutien à nos forces en Afghanistan: La triste actualité du 53ème soldat tombé en Afghanistan nous donne l’occasion de réaffirmer notre so ...
La triste actualité du 53ème soldat tombé en Afghanistan nous donne l’occasion de réaffirmer notre soutien indéfectible à nos forces en action sur les théâtres d’opération extérieure.
A
cet égard, nous étions intervenu, le 20 décembre, en Conseil municipal, par l’intermédiaire de Jean-Charles OUAZANA pour réaffirmer notre solidarité envers nos soldats :
« Monsieur le Maire,
Mes chers collègues,
Mesdames, messieurs,
Le rapport n°32 précise, en effet, les différentes subventions soumises à notre vote ce soir au titre de l’année 2010. Toutes ont leur raison d’être, sans doute, mais l’une d’entre elles, pourtant bien modeste, a retenu notre attention par sa forte dimension symbolique.
Je veux parler des 200 euros que la Commission Solidarité a opportunément proposé d’accorder à la Fédération Nationale des Anciens des Missions Extérieures afin de participer à l’opération « Un colis pour un soldat de la paix ». Nous serions très satisfaits, très heureux même, que la ville de Dijon témoigne ainsi de son soutien, de sa solidarité aux militaires qui défendent les intérêts de la France dans le monde, notamment en Afghanistan… Des hommes et des femmes de courage engagés pour porter et défendre les valeurs de notre pays, Liberté, Démocratie, Droits de l’Homme, unis sous les couleurs du drapeau… Ce sont précisément les raisons pour lesquelles, Monsieur le Maire, la fin de non recevoir, citée en tout début de commission, qu’a d’abord adressé votre cabinet sous la forme d’une note lapidaire à cette demande nous est apparue scandaleusement déplacée, d’autant que vos services comme l’adjointe en charge du dossier avaient émis un avis favorable… Comment a-t-on pu considérer, alors même que plusieurs de nos concitoyens, probablement de vos administrés, sont engagés là-bas, que le juste soutien à nos soldats soit un signe d’adhésion à une quelconque brutalité guerrière ? Comment a-t-on pu craindre, comment a-t-on pu réellement imaginer que l’envoi de colis à nos soldats éloignés de leurs familles, de leur chaleur, de leur réconfort puisse apparaître comme l’expression d’un bellicisme imbécile, comme si rien ne justifiait l’usage maîtrisé de la force ?
Nous sommes donc rassurés, soulagés aussi de constater que le simple bon sens l’a emporté sur la posture puisque cette proposition de subvention a finalement été remise à l’ordre du jour. A cet égard, permettez-moi à titre personnel de remercier chaleureusement Madame Elisabeth Revel, qui par sa persuasion, a su convaincre pour changer une décision qui semblait bel et bien entérinée. Soyez, Madame, remerciée de votre ténacité à défendre des principes essentiels.
Mes chers collègues, chacun le sait, nos soldats mènent en Afghanistan une guerre difficile. La lutte est âpre. A cette heure, 50 d’entre eux ont perdu la vie. Pour mener à bien leur mission de pacification, leurs frères d’armes ont besoin de savoir que leur sacrifice n’a pas été vain. Ils ont besoin de notre appui. Leur envoyer un message de soutien, c’est leur signifier notre reconnaissance. Tout acte de défiance serait bien mal compris.
Le 9 décembre dernier, participant à un colloque sur la place du soldat dans la société française, j’ai pu entendre le témoignage bouleversant d’un commandant du 21ème RIMA (régiment plusieurs fois endeuillé), témoignage que je souhaiterais brièvement vous livrer… Mes chers collègues, cet officier grièvement blessé, à peine convalescent, naturellement meurtri, a tenu, pour sa première sortie, à nous faire part, avec une dignité qui force le respect, d’une situation qu’il a très douloureusement vécue et partagée avec chacun de ses hommes. Patrouillant en mission de reconnaissance dans la province de Kapisa, ces combattants aguerris, prêts à l’éventualité de durs accrochages, ont découvert avec effroi que les petites filles du village qu’ils traversaient, avaient toutes sans exception eu le visage défiguré au vitriol parce qu’elles avaient commis le crime, le seul crime d’aller à l’école… Mes chers collègues, c’est cette guerre-là que mènent nos soldats sur le théâtre afghan, une guerre contre la barbarie pour le respect de la dignité humaine. C’est bien pourquoi, vous en conviendrez, leur mission nous engage et nous oblige.
Merci de votre attention. »