Jeudi 10 juin 2010 4 10 /06 /Juin /2010 16:26

 

Place-de-la-rep.JPG

Quel avenir pour la Place de la République ?

 

Ne pas rater une chance historique : donner une vraie identité à la Place de la République

 

 

 

 

 

 

 

1- La place de l'histoire dans l'aménagement urbain

 

L’urbanisme s’inscrit dans l’histoire de nos villes et la lecture des aménagements passés doit éclairer les aménagements à venir.

 

Or la Place de la République n’a jamais trouvé sa propre identité.

Centre ville historique ? Non

Quartier Clémenceau, Drapeau ?  Pas vraiment non plus

 

La Place de la République fut historiquement un lieu de foire, de marché, de cabarets, situé à la bordure des remparts et donc hors des murs.

Elle reste marquée par un passé militaire, industriel (Mulhouse) et ferroviaire encore proche.

La Place connaît une vie de jour et une vie de nuit.

 

Demain, elle sera au cœur du dispositif de transport en commun.

Mais son avenir ne doit pas se limiter à ce seul statut. Car son absence d’identité marquée risquerait à jamais de nous faire louper le rendez vous avec l’histoire de notre ville.

 

Nous souhaitons une réflexion approfondie sur cet aménagement urbain.

Pour cela nous devons permettre à la démocratie participative de s’impliquer dans ce débat.

En particulier les deux commissions de quartiers « centre ville » et « Clémenceau, Drapeau, Maladière » qui n’intègrent finalement pas cette place, de se rapprocher,

Et aussi de trouver une solution quant à son accessibilité et au stationnement.

 


2 - Un projet pour la Place de la République

 

2.1 - Constat

 

La Place de la République est un lieu stratégique de notre cité, à la fois centre économique et lieu de rencontre des grands axes urbains. C'est un passage obligé dans la traversée de Dijon.

 

Point de contact entre le cœur de ville et le quartier Clémenceau, très dynamique avec la Cité judiciaire, la Cité des affaires, le parc des expositions, le conservatoire et l’auditorium, c'est aussi un lieu de rencontres ou l’on se retrouve, de jour comme de nuit, pour boire un verre, se restaurer ou se distraire dans ses nombreux restaurants et bars.

 

Elle dispose d' autres atouts méconnus et sous exploités: ses deux squares, le symbole de la statue de la République...

 

De plus, la création récente de plus de 600 logements supplémentaires dans le secteur (programmes Urgo, Citadins...) va en faire l'un des quartiers les plus denses de Dijon.

 

Aujourd'hui, de nombreux problèmes s'y posent: stationnement anarchique, absence de vie du terre-plein central, squares très peu fréquentés...

 

 

2.2 - Les projets municipaux

 

Si on ne connaît pas encore le détail des projets municipaux dans ce secteur, on sait que cette place, avec l'arrivée du tramway, va devenir une plateforme multimodale où se croiseront  plusieurs modes de transports. Le risque, est qu'elle ne soit qu'une « gare de triage ».

 

On sait aussi que la majorité municipale prévoit la suppression de toutes les places  de stationnement en surface sur la Place de la République. Une démarche louable sur le plan urbanistique, si elle prévoyait la compensation de ces pertes. Ce n’est pas le cas.  

 

 

2.3 - Nos propositions

 

A. Répondre aux besoins de stationnement:

 

Notre groupe est favorable à la diversité des moyens de transports, qu’ils soient individuels ou collectifs, et en particulier au développement des transports en commun. Pour autant, la voiture reste et restera encore longtemps un moyen de transport nécessaire pour la majorité des Français, surtout lorsque l'on prend en compte l'évolution vers des voitures de plus en plus « urbaines » et non polluantes. Ainsi, un grand nombre de Dijonnais, pour des raisons familiales ou professionnelles ne peuvent pas s'en passer. L’ignorer est une aberration et les difficultés de vie autour de certaines opérations d'urbanisme lancées par l'actuelle municipalité (programme Urgo...) en témoignent.

 

Il faut donc répondre aux besoins de stationnement des habitants de ce quartier République,  mais aussi à ceux des nombreux commerçants riverains et des Halles, ainsi qu’à leurs clients, des visiteurs de passage et des professionnels travaillant en centre-ville.

 

Nous proposons donc la construction d’un parking public à proximité de la place de la République, en sous sol ou en silo.  L'emprise de l'ancienne Caserne Vaillant ou l'avenue Garibaldi permettent de réaliser cet équipement, d'au moins 300 ou 400 places.

 

Pour permettre un investissement rapide et compatible avec l'absence de marge de manœuvre liées à l'état des finances municipales, la municipalité pourrait avantageusement établir un contrat de concession/construction avec une entreprise qui, de ce fait, prendra à sa charge le risque d’investissement, de la fréquentation et de l’utilisation du service.

 

Cette démarche de délégation de service public est utilisée dans la quasi-totalité des grandes villes de France, à l’exception de Dijon. Elle permet d’offrir rapidement une infrastructure  pour un coût très limité pour les contribuables..

 

B. Réaliser une place pour tous les Dijonnais :

 

Cette place a initialement été conçue pour être un lieu de rencontre, rôle qu’elle a perdu aujourd’hui avec le trafic et les voies qui l'entourent. Elle doit redevenir un lieu d’activités sociales et culturelles, un véritable « forum » républicain.

 

Ainsi, nous proposons par exemple :

 

Un aménagement de la Place en un lieu de spectacles de plein air.

Un accès wifi haut débit gratuit.

Une mise en valeur de la statue centrale.

De nouveaux espaces verts

Marché aux fleurs le dimanche matin

 

La Place de la République pourrait devenir ainsi un espace original à Dijon pour des concerts, des pièces de théâtre, des manifestations sportives en plein air. Il s'agit d'en faire un véritable lieu d'échange et de création, un lieu de vie pour tous les Dijonnais.

 

C. Profiter de ce projet pour élargir le centre ville .

 

Aujourd'hui, les rues de la Préfecture et Jean-Jacques Rousseau fonctionnent mal sur le plan de la circulation, du stationnement, de leurs performances commerciales... Elles ne font pas partie du centre ville.

 

Notre projet pour la Place de République doit permettre de les intégrer davantage au centre ville en retraitant l'ensemble du périmètre situé autour de ces deux rues. Dans cet ensemble, il faut revoir les sens de circulation, élargir les trottoirs, engager de nouveaux aménagements urbains et réaliser un vrai parcours piéton.

 

C'est donc un plan d'aménagement global qu'il faut concevoir pour inciter les citadins à partir de la place de la République pour se rendre au cœur de ville, et inversement. Il doit être réalisé en concertation.

 

Les changements que va connaître la Place de la République dans les années à venir représentent une occasion unique. Il ne faut pas les rater. C'est un lieu stratégique majeur où se joue une partie du Dijon de demain.

 

Le projet urbanistique de la Mairie pour la Place de la République n’a pas encore été dévoilé. C’est pourquoi François-Xavier Dugourd et les élus du Groupe Initiatives Dijon, dans un esprit constructif, sont prêts à travailler avec la mairie pour développer ces propositions.

 

 

3 - Note historique sur la Place de la République

 

 

3.1 -  Du XIIe siècle au début des années 1880 : du Faubourg Saint-Nicolas au débastionnement

 

- Les origines

 

Le quartier République occupe aujourd’hui une partie de l’ancien faubourg Saint-Nicolas. Au XVIIIe siècle, sur quelques 35 hectares, il est l’un des trois faubourgs extérieurs de Dijon. Il prend appui sur les remparts (actuelle Place de la République et les boulevards Thiers et Trémouille) et se prolonge vers l’un des bras du Suzon appelé « les Vieux Terraulx » (actuel Boulevard de la Marne) qui forme une promenade.

 

Entre l’extrémité de la rue Jean-Jacques Rousseau et l’implantation du Monument Carnot s’élève la porte Saint-Nicolas, vaste construction fortifiée comportant une tour, une porte munie de herse et un pont-levis. Son nom vient d’une ancienne église paroissiale jadis construite hors les murs dans le faubourg (entre la rue de Mulhouse et le boulevard Thiers). Le faubourg avait été brûlé par les Suisses lors du siège de 1513. Au-delà des rues Sainte-Catherine (actuellement Marceau) et Sainte-Marguerite (actuellement Parmentier), principales rues du faubourg, c’est la campagne. La Maladière, léproserie fondée avant le XIIIe siècle, a déjà perdu sa vocation. A l’est : la ferme de la Boudronnée.

 

- Ce qui change au XIXe siècle

 

La fortification, construite en 1552, est démolie extérieurement de 1841 à 1847 pour occuper les ouvriers sans travail. En 1810-1811 ont été démolies la tour et la porte Saint-Nicolas. Des fabriques s’installent : brasseries, chandelles et cierges, …

 

En 1850, le Conseil Municipal de Dijon s’interroge sur la destinée des terrains désormais libérés.  Des architectes dijonnais sont invités à présenter sous 3 mois des projets d’aménagement. L’architecte Henri Degré est l’auteur d’un projet en 1851 qui retient l’attention de la ville (Projet de société pour l’aménagement du quartier nord de la Ville de Dijon). Ce projet ne se limite pas  au problème posé, envisage l’améngament de tout le quartier nord en fonction des percées qui doivent être ouvertes, des quartiers adjacents, du chemin de fer qui arrive à Dijon. Il écrit notamment : « … Faisons (…) quelque chose qui aménage l’avenir mais qui dès aujourd’hui présente à l’œil un aspect physique et agréable ». Le but est d’envelopper « notre ville antique d’une ville industrielle et de notre siècle ». Approuvé par les édiles, le projet est exécuté par une Société d’aménagement qui compte rapidement de nombreux souscripteurs – parmi lesquels l’évêque, le recteur, de nombreux architectes, entrepreneurs et de citoyens de professions diverses – et à laquelle la Ville abandonnent les terrains adjacents.

 

 

3.2 - 1880-1894 : L’avènement d’une place pour la République

 

La création de la place de la République, immense surface conçue pour les foires, les marchés et les exercices militaires de 1888.

 

- La naissance difficile du Monument

 

1889-1891 : Le Maire radical de Dijon, Victor Marchand, rêve pour cette place d’un monument « à la République fraternelle des peuples » (1889-1891), avec le concours de l’architecte Félix Vionnois. On pense installer ici Guillaume Tell, Lajos Kossuth, Simon Bolivar, Giuseppe Garibaldi, George Washington, Victor Hugo. Ce singulier projet se heurte à de nombreuses obstructions.

 

1890 : Victor Marchand cède son écharpe de maire. L’Etat traîne des pieds malgré son souhait d’un monument en l’honneur de la République. Une partie de la population est fortement hostile à ce projet, notamment en raison de la présence de Garibaldi. Le Sénateur Claude Mazeau, soutien du projet, propose même d’offrir une statue dédiée au seul Garibaldi ? Les financements tardent à arriver et l’affaire n’a pas de suite. Marchand relance son idée pendant environ dix ans, envisageant même désormais le monument aux Allées du Parc, sans plus de succès.

 

Très en avance sur son temps, ce projet authentiquement républicain et d’esprit universel n’obtient pas l’approbation du Président de la République Sadi Carnot, enfant de la Bourgogne. En guise de compensation, le choix se portera sur la future Place de la République.

 

1894 : la mort tragique du Président Carnot le 24 juin à Lyon permet de sortir de l’impasse : le monument Sadi Carnot, réalisé par Mathurin Moreau et Paul Gasq, est inauguré le 22 mai 1899 par le Président de la République Emile Loubet qui, de surcroît, offre à Dijon la croix de la Légion d’Honneur. Le regard de l’ancien député de la Côte-d’Or se porte sur l’intérieur de la ville, donnant à la place son orientation et ne contribuant pas à l’ouvrir sur l’extérieur.

 

- Une vocation militaire qui s’affirme

 

Construit au début du XVIIe siècle, le Couvent des Capucins est devenu hôpital sous la Révolution, prison sous l’Empire, hôpital militaire en 1813, caserne en 1816. Après 1870, il devient Caserne Vaillant pour le 27e Régiment d’Infanterie. Les combats de 1870 se déroulent pour l’essentiel dans cette partie de Dijon qui est associée désormais à l’idée de défense de la patrie. Le nouveau stratégique assigné à Dijon depuis l’annexion par l’Allemagne de l’Alsace-Lorraine (la frontière est plus proche) contribue à la construction de forts et de redoutes autour de la ville. La vocation militaire de ce quartier y permet le développement de brasseries et de cabarets.

 

- Le rôle de l’industrialisation

 

Le quartier accueille peu à peu l’industrie de Dijon à la fin du XIXe siècle : l’usine Vernet s’installe rue de Mulhouse en 1882, la Maison Lachèze et Fils (clés à molettes) rue Jean-de-Cirey en 1880, la Maison Lejay-Lagoutte (liqueur de cassis) en 1892, la moutarde Parizot. Favorisée par l’arrivée du chemin de fer (la Gare Porte-Neuve se raccorde au réseau et est en construction quand éclate la guerre de 1870), Dijon voit sa population augmenter : 32 000 habitants en 1851, 48 000 en 186, 62 000 en 1886. Les rues Ledru-Rollin (1883), Mulhouse (1883), Blanc (1888), Marceau (1888), Cirey (1889) et Peignot (1891) prennent alors leurs dénominations actuelles.

 

 

3.3 - XXe siècle : une place pour deux centres ?

 

- Un quartier qui cherche sa « Place »

 

Au cours des années 1920-1930, les boulevards de Champagne, de Verdun, de Marbotte remplacent d’anciennes sablières et terrains vagues. Le Boulevard Clemenceau, aujourd’hui d’un tracé logique et presque invisible, est tardif cependant : il relie la place de la République à l’ancienne voie ferrée et la nouvelle guerre de tramway départementale (boulevard de la Marne). D’où ses dimensions qui surprennent par son ampleur à une époque jugée parfois étriquée, même s’il offre une chance de désenclavement et d’ouverture pour le quartier.

 

Plus de 6 hectares sont concédés à la Foire pour édifier le palais des expositions et des congrès en 1946. Cette installation est complétée en 1953 par le remblai de l’esplanade du 27e RI (actuel Auditorium) qui accueille les manifestations occasionnelles (fêtes, foires, cirques).

 

Ainsi, entre le nouveau Palais des congrès et la place de la République, s’étend désormais un quartier qui ne semble pas avoir trouvé à la fin des années 1950 ni sa vocation ni son équilibre. Les rues sont disparates et leurs alignements incertains. Un mélange d’usines, d’entrepôts, de vestiges de jardins, de vieilles maisons y est peu harmonieux.

 

- La Place de la République prend sa forme actuelle

 

La rénovation du quartier Clemenceau est entrepris en 1962 et contribue à améliorer sa fixité, à réfléchir un rôle à la place de la République. Etrange sentiment que celui d’être à deux pas du centre-ville, on est en ville (la barrière de l’octroi au XIXe siècle est située à l’emplacement de la Foire actuelle) et on n’est pourtant nulle part. Ni en ville ni en banlieue, le quartier excellemment bien situé au nord de la place de la République avec de vastes espaces, cherche son identité face à la désaffection qu’il connaît.

 

En 1964, le Conseil Municipal approuve à l’unanimité et sans discussion le projet de l’architecte J.-L. Ducruet qui vise à « coordonner divers programmes particuliers dont l’existence se manifeste dans ce secteur, à envisager l’utilisation de l’emprise des deux casernes (nldr : Vaillant et Krien) et à préserver la forme de la place de la République et des artères importantes qui s’y rejoignent. » Logements et commerces y verront le jour sous l’impulsion d’édiles  soucieux cependant des aspects financiers. Une esquisse d’avril 1963 couvre tout le vaste quartier. La Place de la République est modelé selon une forme une ovale avec ses deux « jardins de curés » préservés. Le Boulevard Clemenceau devient l’axe central autour duquel s’ordonnent une voirie nouvelle et une conception architecturale de barres et de tours d’une densité modérée.

 

- L’occasion manquée d’un  « cœur urbain de demain »

 

Le nouveau quartier Clemenceau contient tout à la fois la rénovation d’une « tranche de la couronne du XIXe siècle » et la réalisation d’un « nouveau centre-ville de Dijon en liaison avec le centre historique ».  La place de la République  fait écran, en raison de l’architecture militaire qui l’entoure, de l’abondance de la circulation, de l’absence de commerces, de rôle de parking public qui lui est assigné depuis plusieurs années. L’architecte Joly propose de créer place de la République (très transformée) le cœur urbain de demain, s’organisant à al fois sur l’un et l’autre des deux centres. Le carrefour deviendrait une plaque publique commerciale et cette évolution nécessiterait plusieurs aménagements de la circulation (un boulevard de ceinture de 30 mètres libérant le quartier de tout transit est même envisagé) et du tracé du boulevard Clemenceau. Pourtant, la solution, retenue ultérieurement, sera de prendre acte de ce lieu de rupture et d’établir une coupure entre des quartiers fortement dissemblables.

 

- Un défi pour la Place de la République ?

 

Aujourd’hui, la Place de  la République est une place  symbolique pour  les dijonnais de part  son emplacement à la porte de la vieille ville, sa taille, sa configuration avec la présence rare de deux squares. Elle donne accès aux quatre points cardinaux de la Ville.

 

Elle profite également d’une  image sympathique, conviviale d’animation des soirées et des nuits dijonnaises.

 

Au XXIe siècle, l’arrivée du tramway du Grand Dijon offre la chance de repenser l’utilisation de la Place de la République et de réfléchir à un véritable projet urbanistique.

 

 

 

 

Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil
Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés