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Le nouveau réseau DIVIA
Le réseau de transports urbains de l’agglomération dijonnaise, Divia, va connaitre un bouleversement le 12 Juillet prochain : nouvelles lignes, nouveaux arrêts, nouveaux horaires…
1. Contexte
A. Un nouveau bouleversement
Ce n’est pas la première fois que le réseau de bus du Grand Dijon est bouleversé. Alors que le réseau de la STRD était considéré comme l’un des meilleurs de France, un nouveau réseau a été instauré en octobre 2004, avec le passage de la STRD à Divia.
Quelques mois après, en Septembre 2005, ce nouveau réseau a fait l’objet d’une série de modifications, modifiant à nouveau les habitudes de certains usagers.
Le 12 juillet, un nouveau réseau sera lancé mais… il ne sera que provisoire ! En effet, avec l’arrivée du tramway, un nouveau réseau est d’ores-et-déjà en prévision.
Ces bouleversements à répétition ne sont pas sans poser problèmes :
è Ils modifient à chaque fois les habitudes des usagers. Ce n’est pas toujours facile, notamment pour les publics fragiles (personnes âgées, personnes handicapées psychiques…) de s’y retrouver.
èIls bouleversent le tissu micro-économique : un commerce qui perd un arrêt de bus à proximité peut voir son chiffre d’affaires s’effondrer.
è Ils engendrent des couts importants. Lors de chaque modification, il faut refaire la signalétique, revoir les arrêts et les poteaux de bus, renouveler les guides et les plans… Mais, les dépenses les plus conséquentes sont les travaux de voierie. Ainsi, un budget de 1,378 millions d’euros a été adopté pour ce type de dépenses lors du Conseil municipal du 28 Juin (DM2).
- En 2004, le terminus de la liane 6 a été fixé à « Noisot ». Un aménagement a donc été construit pour permettre au véhicule de faire demi-tour. En Juillet, l’arrêt « Noisot » ne sera plus le terminus de la future ligne 16. L’aménagement, qui date seulement de six ans, perdra toute utilité.
- Sur le campus, pour faire passer les bus par la rue André Petitjean, au lieu de l’allée Savary, qui lui est parallèle, des travaux devront être entrepris sur le rond-point « 21ème siècle ».
B. L’absence de concertation
En 2004, le passage de la STRD à Divia avait donné lieu à une vaste concertation. Souvenez-vous : questionnaires dans les boites aux lettres, discussions dans les conseils de quartier, suppléments dans « Dijon Notre-Ville », installation d’une grande tente place Darcy… Cette fois, aucune concertation de la sorte n’a eu lieu.
Pourtant, dans certaines communes de l’agglomération Dijonnaise, comme Saint-Apollinaire, une consultation des habitants a été organisée à l’initiative du Maire de la commune. Ce n’est pas le cas à Dijon.
Ni les organisations syndicales, ni le personnel de Divia, qui connait par définition bien le réseau de bus, n’ont été consultés.
La seule concertation qui a eu lieu l’a été dans le quartier Victor-Hugo-Montchapet, à l’initiative de François-Xavier Dugourd. Cette mobilisation a d’ailleurs permis de conserver l’arrêt de bus « Bizet » qui devait initialement être supprimé.
2. Les atouts du nouveau réseau
A. Une densification du réseau
Le nouveau réseau Divia permet de mieux couvrir l’agglomération en transports en commun. Les parcours des lignes ont été réfléchis pour :
è Couvrir les quartiers mal pourvus jusqu’ici. Par exemple, le bus passera boulevard Eugène Fyot ce qui n’était pas le cas auparavant ; les habitants de Saint-Apollinaire pourront rejoindre plus rapidement le centre-ville ; Fontaine-les-Dijon sera enfin desservie par une liane…
è Prendre en compte l’évolution urbaine de l’agglomération. Par exemple, le réseau de bus atteindra la zone d’activités Chenôve-Palissy.
B. Une anticipation des travaux du tram
La circulation automobile dans l’agglomération dijonnaise va être très fortement perturbée ces trois prochaines années par les travaux du tram.
Le nouveau réseau évite, autant que possible, de faire passer les bus dans les zones où se dérouleront les travaux. L’idée est d’éviter de rendre encore plus difficiles à pratiquer les secteurs « noirs ».
Ainsi, aucun bus ne circulera place de la République, centre névralgique des futures lignes de tram. Autre exemple : moins de bus circuleront avenue Jean Jaurès, la liane 4, venant de Chenôve, étant orientée vers l’avenue Eiffel.
3. Les limites du nouveau réseau
A. Un excès de zèle sur les noms d’arrêts
Si certaines modifications du réseau sont indispensables, on a le sentiment que les noms d’arrêts ont parfois été « changés pour changer ». Cela entraine des frais supplémentaires et d’inutiles dérangements.
Ainsi, certains arrêts qui ne sont pas touchés par la modification du réseau vont changer de nom sans raison. Ainsi, « Longvic Bourg » deviendra « Bief du Moulin », « Janin » deviendra « Carrousel », « Charles le Téméraire » deviendra « Génois », « Paul Bert » deviendra « Rouen » etc…
Plus perturbant encore, certains noms seront conservés mais ne désigneront pas le même arrêt qu’aujourd’hui. Ainsi « Hôpital » deviendra « Parc des Sports » qui, lui-même deviendra « Montmuzard ».
B. Plus de ruptures de charge
Le nouveau réseau Divia anticipe la philosophie du réseau de tram : les lignes de bus n’ont plus vocation à mener l’usager à destination mais à le conduire à une station de tram d’où il pourra rejoindre sa destination. A l’image d’un fleuve alimenté par une multitude de ruisseaux, on s’inscrit dans une logique de rabattement.
Cette logique, si elle a pour objectif de garantir le succès du futur tram, pose le problème dit de la « rupture de charge » : les usagers doivent monter et descendre à plusieurs reprises du véhicule, ce qui leur fait perdre du temps, les gênent s’ils sont chargés… et au final peut les inciter à reprendre leur voiture !
- La ligne 20, qui reliera Hauteville et Daix à Dijon s’arrêtera à l’arrêt « Dubois ». Pour rejoindre le cœur de ville, il faudra prendre une correspondance, en l’occurrence la liane 5.
- Par le passé, les personnes habitant le quartier Montchapet pouvaient se rendre directement à la gare par la ligne 11. Désormais, elles devront prendre la Liane 4 et changer de bus place Darcy.
- Le campus et les résidentes étudiantes ne seront plus directement reliés à la gare. La liane 5 partant vers Talant, les jeunes devront descendre place Darcy et prendre une correspondance (ou poursuivre le chemin à pieds).
- La ligne 15 reliera la Montagne de Larrey à Perrigny-les-Dijon. Pour se rendre au centre-ville les usagers devront descendre boulevard des Bourroches pour prendre la liane 2.
C. Des imperfections
En l’absence de concertation, le réseau comprend une multitude de petites imperfections qui auraient pu être signalées par les conseils de quartier, les associations de quartier ou les habitants s’ils avaient été consultés :
- La ligne 14, qui relie directement les Grésilles à la Toison-d’Or, sera supprimée. Créée en 2004, elle avait alors été présentée comme un « symbole social ».
- La rue du Tire-Pesseau, axe majeur de la Fontaine-d’Ouche, n’est plus desservi.
- Le quartier Petit Bernard / Steanerie, pourtant peuplé, perd la liane 7 pour une simple ligne (18).
- La commune de Saint-Apollinaire sera particulièrement lésée par le nouveau réseau : elle aura une ligne au lieu d’une liane, le quartier de la Fleuriée sera moins bien couvert, la route de Gray, où se trouve de nombreux commerçants, ne sera plus desservie.
- La Montagne Saint-Anne sera moins bien desservie Le secteur résidentiel des rues Claudel, Favier et Bordet ne sera plus couvert.
- La ligne Corol qui remplacera les lignes 20-21 ne fera plus le tour intégral de Dijon par les boulevards périphériques. Elle se limitera à relier la Fontaine-d’Ouche à Talant. Pourquoi ne pas achever le tour de la ville ?
- Le nouveau réseau ne comprend pas de mesures nouvelles pour les personnes handicapées. La construction de nouveaux arrêts de bus aurait pu être l’occasion d’installer des bandes rugueuses au sol, notamment pour les personnes malvoyantes.
D. Une difficulté structurelle
Plusieurs éléments structurels font craindre une diminution de la qualité du service public apporté aux Dijonnais :
- Le nombre de lignes et d’arrêts est en augmentation. Il s’agit d’une bonne nouvelle seulement en trompe l’œil : le nombre de bus et de chauffeurs restant à effectif constant, il n’y aura en réalité pas d’amélioration du service.
La fréquence du passage des bus sera, au plan global, légèrement diminuée. Or, on sait que les temps d’attente sont ce qui dissuade souvent les salariés de se rendre à leur travail par le bus.